13.09.2017, 00:01  

Loi travail: un premier round en forme de tour de chauffe

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Hier à Paris, mais aussi à Marseille et les autres grandes villes françaises, les opposants à la réforme de la loi travail sont descendus dans la rue.

 13.09.2017, 00:01   Loi travail: un premier round en forme de tour de chauffe

Par Benjamin Masse

FRANCE - La CGT, à l’origine de la manifestation, n’a pas pu mobiliser massivement.

Malgré une météo pluvieuse, l’ambiance est plutôt festive, en ce début d’après-midi, place de la Bastille, à Paris. A 14h, le cortège s’élance, au son d’une fanfare animée par des forains, qui se sont joints à cette première manifestation contre la réforme du code du travail. A l’appel de la CGT, ils sont plusieurs dizaines de milliers à...

Malgré une météo pluvieuse, l’ambiance est plutôt festive, en ce début d’après-midi, place de la Bastille, à Paris. A 14h, le cortège s’élance, au son d’une fanfare animée par des forains, qui se sont joints à cette première manifestation contre la réforme du code du travail. A l’appel de la CGT, ils sont plusieurs dizaines de milliers à défiler à Paris, ainsi que dans d’autres villes de France, Lyon, Toulouse et Marseille entre autres. «Nous n’allons pas nous laisser déposséder de droits pour lesquels des générations se sont battues», s’indigne une dame en imperméable d’une cinquantaine d’années.

Le bilan du jour, pour les organisateurs, est cependant mitigé. Certes, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s’est réjoui d’une «première qui s’annonce réussie.» Le syndicat contestataire était à l’origine de l’appel à manifester, tandis que les dirigeants des autres grandes centrales (CFDT, Force Ouvrière), s’étaient abstenus. Selon la CGT, ils étaient environ 400 000 à avoir défilé un peu partout en France contre les fameuses ordonnances de la loi Travail, qui doivent être définitivement adoptés d’ici la fin du mois.

Absence d’unité syndicale

Un score en retrait par rapport à la première manifestation contre la loi El-Khomri (la loi Travail du gouvernement Hollande), le 9 mars 2016. La centrale syndicale s’était alors targué d’avoir rassemblé 500 000 personnes dans la rue. Simplement dans la capitale, 100 000 manifestants avaient alors été décomptés par le syndicat, contre 60 000 seulement hier. Des chiffres par ailleurs très éloignés de ceux de la police, pour qui seuls 24 000 personnes ont défilé dans la capitale.

Comment expliquer cette mobilisation plutôt en retrait, alors que certaines déclarations récentes d’Emmanuel Macron – notamment sur les «fainéants» opposés aux réformes – avaient pu mettre de l’huile sur le feu La raison tient à l’absence d’unité syndicale: compte tenu de la concertation importante avec les syndicats durant l’été – plus de 100 réunions – Laurent Berger, le «patron» de la CFDT, et Jean-Claude Mailly, celui de FO, ne s’étaient pas joints à l’appel de la CGT. De quoi démobiliser certains, même si des représentants locaux de ces syndicats ont appelé à participer au défilé.

Trop tôt pour pavoiser

Les troupes de Jean-Luc Mélenchon étaient, elles, de la partie. Le dirigeant de la France insoumise, qui a défilé à Marseille, a cependant en ligne de mire son propre rassemblement, prévu le 23 septembre. Mélenchon, qui sait qu’il n’a pas intérêt à marcher trop ouvertement sur les brisées de la CGT, a tenu à déminer le terrain, depuis la cité phocéenne. «Le travail que font les syndicats, c’est de l’or», a-t-il estimé. «Ils font des choses que nous sommes incapables de faire.» Une manière pour lui de ménager des alliés dont il pourrait avoir besoin très bientôt.

Pour le gouvernement, il est encore trop tôt pour pavoiser. D’abord, parce que de nouvelles manifestations contre la loi Travail sont d’ores et déjà prévues – le 21 septembre à l’appel de la CGT, le 23 sous l’égide la France insoumise. Ensuite, parce que Macron a encore beaucoup d’autres réformes sociales à faire passer, comme la réforme des retraites, ou encore celle de l’assurance-chômage. De gros morceaux qui susciteront sans nul doute de nouvelles oppositions.

L’exécutif surveille aussi comme le lait sur le feu la jeunesse, alors que beaucoup d’étudiants n’ont guère apprécié la baisse annoncée des aides au logement. «Il n’est pas exclu qu’il y ait à un moment donné une coalition de divers mécontents, entre les salariés, les jeunes, les fonctionnaires… C’est cela qui pourrait faire vraiment ‘‘prendre’’ la contestation», estime un syndicaliste. Le gouvernement surveille aussi de près le déroulement des manifestations. Hier, quelques incidents ont été à déplorer, notamment à Nantes et à Paris, où plusieurs centaines de personnes encagoulées ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre et brisé des vitrines de magasins. Un blessé léger était à déplorer parmi les manifestants.


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