06.09.2017, 00:01  

Des perches étrangères vendues comme provenant du lac Léman

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 06.09.2017, 00:01   Des perches étrangères vendues comme provenant du lac Léman

Par LLo

LÉMAN - Quatre restaurants de la région ont été épinglés sur la provenance de leurs filets de perche.

Certains restaurants vendent des filets de perche étrangers en assurant qu’ils sont suisses. C’est le constat que tirent la RTS et «Bon à savoir» après avoir testé 20 restaurants romands. Six d’entre eux auraient triché sur la provenance des poissons, selon les analyses génétiques effectuées, dont quatre sur La Côte.

Les journalistes ont cherché des établissements qui proposaient des...

Certains restaurants vendent des filets de perche étrangers en assurant qu’ils sont suisses. C’est le constat que tirent la RTS et «Bon à savoir» après avoir testé 20 restaurants romands. Six d’entre eux auraient triché sur la provenance des poissons, selon les analyses génétiques effectuées, dont quatre sur La Côte.

Les journalistes ont cherché des établissements qui proposaient des perches du lac. Ils ont ensuite réservé en demandant s’il y avait bien des filets suisses. Lors de la commande le jour même, ils se sont encore fait confirmer la provenance. Sur La Côte, les restaurants visés sont la buvette de la plage de Tannay, le restaurant du Lac à Versoix, le Maître Jaques à Nyon et la Pêcherie d’Allaman.

Du côté de Tannay, la gérante, Isabelle Geoffroy, dit ne jamais s’être vantée de proposer des filets de perche suisses. «Cela ne serait pas crédible. Nous proposons des filets de perche du Léman, mais nous basculons vers des produits importés lorsqu’il n’y en a plus assez», indique-t-elle.

Le restaurant collabore avec un pêcheur de Mies, Jean Personeni. «95% de la consommation autour du lac provient de l’étranger. Avec le changement climatique, les perches sont plus faciles à vendre qu’à pêcher», affirme ce dernier. «La demande est très forte», confirme Isabelle Geoffroy.

Un constat partagé par Afrim Ismaili, gérant de la Pêcherie d’Allaman. «Avoir seulement des filets de perches suisses, c’est impossible. Je travaille avec une quinzaine de pêcheurs du lac Léman, qui me livrent toute leur pêche, et cela ne suffit toujours pas pour couvrir la demande», relève-t-il. Il se défend toutefois de tromper le client. «Le personnel est informé tous les jours de la provenance des filets de perche», insiste-t-il.

A Versoix, Grégory Ladero a repris le Restaurant du Lac début juin, alors que l’enquête a eu lieu entre mai et juin. Il dit ignorer ce qui a pu se produire lors du test. «Tous les matins, je demande au chef si les filets de perche sont suisses ou non. Nous ne mentons pas». Un malentendu avec le chef de rang n’est pas exclu, tout comme à Tannay. «Je ne peux pas garantir qu’un des garçons n’ait pas fait un excès de zèle en disant que les perches venaient du lac», reconnaît Isabelle Geoffroy.

Erreur de service

Au Maître Jaques à Nyon, l’explication est autre. Le vendredi midi, le restaurant proposait des filets de perche de l’étranger en plat du jour. Le soir, le cuisinier a mélangé les poissons en trop du midi avec les filets suisses servis à la carte. «C’était une erreur, cela ne se produit jamais», assure la patronne du restaurant, Anne Pimentel. «J’explique toujours clairement la provenance des poissons lorsqu’on me la demande». Depuis ce test, le restaurant a cessé de proposer les filets de perche en plat du jour. «Nous voyons déjà une baisse de fréquentation», se désole-t-elle.

L’indication de la provenance du poisson devrait devenir obligatoire en mai 2018, selon «Bon à savoir». La mention «du lac» sera réservée aux poissons des lacs suisses. LLo


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