05.09.2017, 00:01  

Les CFF délaissent l’Est vaudois

Abonnés
chargement
La conseillère d’Etat Nuria Gorrite (à droite), ici aux côtés du directeur général des CFF Andreas Meyer, désapprouve les changements annoncés par l’ex-régie fédérale.

 05.09.2017, 00:01   Les CFF délaissent l’Est vaudois

VAUD - Privées de correspondance vers la capitale fédérale, des communes craignent un impact économique.

sophie dupont - le courrier

info@lacote.ch

Dès 2018, les voyageurs d’Aigle, Montreux ou Vevey n’auront plus qu’un train par heure pour se rendre à Fribourg et à Berne. Un bond en arrière de 14 ans. Depuis 2004 et Rail 2000, deux trains par heure relient l’Est vaudois à la capitale. La semaine dernière, la conseillère d’Etat Nuria Gorrite tapait du poing...

sophie dupont - le courrier

info@lacote.ch

Dès 2018, les voyageurs d’Aigle, Montreux ou Vevey n’auront plus qu’un train par heure pour se rendre à Fribourg et à Berne. Un bond en arrière de 14 ans. Depuis 2004 et Rail 2000, deux trains par heure relient l’Est vaudois à la capitale. La semaine dernière, la conseillère d’Etat Nuria Gorrite tapait du poing sur la table et demandait une réunion urgente aux CFF. Canton, communes et l’ex-régie fédérale sont en pleines négociations.

Le prolongement du trajet de 6 minutes entre Lausanne et Berne provoque une rupture de correspondance avec la ligne du Simplon, dans les deux sens. En cause, les travaux à Lausanne et Renens dans le cadre du projet Léman 2030. Les CFF ne donnent pas de date à laquelle la correspondance pourrait être rétablie.

Faire plier les CFF

Vingt communes de la Riviera et du Chablais ont fait part de leur mécontentement et veulent faire plier les CFF, avec le canton. Des mesures alternatives sont également en discussion. Les communes craignent des conséquences économiques et touristiques dans leur région. «A Aigle, le temps de trajet pour Berne est de deux heures, contre une en voiture. Il y aura un transfert modal sur la route», prédit Frédéric Borloz, syndic. Seront touchés des pendulaires, mais aussi un certain nombre de travailleurs d’entreprises du Chablais qui se rendent plusieurs fois par semaine dans la capitale.

Porte d’entrée des Alpes vaudoises, avec ses trains régionaux pour Les Diablerets et Leysin, Aigle s’inquiète aussi pour le tourisme. La rupture de correspondance intervient au moment où le canton investit 100 millions pour développer les Alpes vaudoises. «Et les Jeux olympiques de la Jeunesse 2020 tombent en plein dans cette période», relève Frédéric Borloz.

Sur la Riviera, Montreux craint que des touristes en provenance de Suisse alémanique renoncent à venir passer une journée sur ses quais. «Beaucoup passent peu de temps en Suisse, ils risquent de choisir d’autres destinations», craint le syndic Laurent Wehrli. Selon les CFF, une trentaine de personnes par jour seraient concernées par la rupture de correspondance. Chiffre sous-évalué, selon les communes.

En modifiant le nœud ferroviaire lausannois, l’unique de Suisse romande, les CFF touchent à des acquis des grands projets ferroviaires. Avec Rail 2000, ils instauraient la cadence à la demi-heure sur les grandes lignes, rendue aussi possible grâce à l’amélioration des correspondances. Depuis 2004, la Riviera et le Chablais sont reliés à Berne deux fois par heure. En 2013, les CFF passaient à la vitesse supérieure: deux directs entre Lausanne et Fribourg, sans arrêts à Romont et à Palézieux.

Avec l’horaire 2018, le Regio Express desservant ces deux communes est supprimé. Retour en arrière. Plus qu’un direct par heure entre Lausanne et Fribourg, et un temps de parcours prolongé de six minutes pour le second train effectuant les deux arrêts. Le trajet durera même 12 minutes de plus entre Genève et Fribourg, avec des arrêts à Morges et à Nyon. Le canton et la Confédération ont une marge de manœuvre sur les petites lignes, qu’ils financent, mais les grandes échappent à leur contrôle.

Vaudois mal récompensés

«Les Vaudois s’enthousiasment pour les grands projets comme Léman 2030, qui provoque d’inévitables perturbations. Les CFF les récompensent en provoquant une rupture majeure de correspondance. Ce n’est pas admissible», déclarait la semaine dernière Nuria Gorrite, conseillère d’Etat chargée des transports, en précisant que le paquet FAIF contient des mesures d’accélération entre Lausanne et Berne.

Les CFF affirment de leur côté que la priorité est l’augmentation de la capacité du rail. «Entre Genève et Lausanne, le nombre de voyageurs passe de 50000 (ndlr: situation en 2010) à 100000 en 2030», note Jean-Philippe Schmidt, porte-parole. Selon lui, les pendulaires de l’Est vaudois seront peu touchés par la rupture de correspondance: des trains supplémentaires circulent sur la ligne du Simplon pendant les heures de pointe. «Nous allons maintenir la meilleure offre possible durant la durée du chantier», poursuit le porte-parole. Les horaires seront chaque année adaptés en fonction des étapes des travaux. D’autres surprises sont donc à prévoir.


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top